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SYLVIE LÉCUYER - GÉRARD DE

LES PROPRIÉTAIRES DE MORTEFONTAINE

La châtellenie de Montméliant, dont fait partie le domaine de Mortefontaine, a appartenu jusqu’au XIIe siècle à la Couronne de France (Capet dans la Généalogie). En 1283, l’abbaye de Saint-Denis en devient propriétaire, jusqu’au XVIe siècle. En 1571, François Hotman fait l’acquisition du château de Montmélian et du domaine de Mortefontaine, où il construit le château « de brique à coins de pierre » dont l’aspect général ne variera plus jusqu’à l’époque de Nerval. Le 26 mai 1654, le Président à mortier du Parlement de Paris Jacques Le Coigneux achète les terres et seigneuries de Montmélian, Plailly et Mortefontaine. C’est lui qui fait construire, le long des potagers de son domaine, une maison de garde-chasse qu’occupe Jean Olivier, ancêtre du côté maternel de Gérard de Nerval, que la famille continuera d’occuper jusqu’en 1825.

Revendu en 1703, le domaine de Mortefontaine devient la propriété d’une brillante dynastie de robe, la famille Le Peletier. Jacques Le Peletier meurt au château de Mortefontaine dont il a hérité de son père. Son fils Louis Le Peletier y fait de grands aménagements, créant le petit et le grand Parc, dans le temps où le marquis de Lamotte de Girardin transforme Ermenonville et y reçoit Rousseau en 1778, mais aussi les « Illuminés », Cagliostro, Cazotte, le comte de Saint-Germain, jusqu’à la veille de la Révolution. En 1790, Le Peletier vend le domaine à un banquier, Joseph Duruey, qui est guillotiné en 1794.

Joseph Bonaparte l’acquiert en octobre 1798 et va en faire, secondé par son épouse Julie Clary, un "paradis". C’est durant cette période qu’Antoine Boucher a accueilli son petit-neveu Gérard, dans l’ancienne maison du garde-chasse devenue cabaret-épicerie. En juin 1815, l’armée prussienne dévaste le village et le château. "Nous revîmes les fils du Nord, et les cavales de l’Ukraine rongèrent encore une fois l’écorce des arbres de nos jardins" écrit Nerval dans Promenades et Souvenirs. Le domaine est à l’abandon jusqu’en 1821, date à laquelle il est loué par le baron prussien Schickler, grand amateur de chasse.

En 1827, le domaine et le château de Mortefontaine sont acquis par le Prince de Condé, qui étend ainsi ses domaines de chasse de Chantilly et d’Ermenonville. Le 27 août 1830, le prince est retrouvé pendu à l’espagnolette d’une fenêtre de son château de Saint-Leu. Il a légué Mortefontaine à sa maîtresse Sophie Dawes, baronne de Feuchères, qui s’y installera à partir de 1832. À la mort de cette dernière, le 15 décembre 1840, le domaine est acquis par M. Thanaron pour sa fille Charlotte Sophie, nièce de Sophie Dawes, qui épouse en 1850 à Mortefontaine Henri Corbin, préfet de l’Aisne. Les deux filles de Charlotte Sophie Thanaron et Henri Corbin vivront au château de Mortefontaine, mais le Grand Parc sera vendu séparément en janvier 1892 au duc Antoine-Agénor de Gramont, qui fera construire le château de Vallière. Le Petit Parc et son château « Louis treize », acquis par le le comte Louis-René de Gramont, frère d’Antoine-Agénor en 1928, est cédé en 1949 à la Congrégation du Tiers-Ordre des Dominicaines. Celles-ci construisent des bâtiments pour abriter leur noviciat et leurs locaux d’enseignement à la place des anciens communs du château, lui-même revendu, amputé de la partie qui abritait autrefois les communs et d’une grande partie de son parc, en 1985.

le château de Mortefontaine, dessin de Charlotte Bonaparte

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