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SYLVIE LÉCUYER - GÉRARD DE

LES LAURENT

Les Laurent sont originaires de Laffaux près de Soissons. En 1748, Jean Laurent y épousait Marie Louise Demonsablon, dont les parents, François Demonsablon et Marguerite Brocheton, étaient laboureurs.

Du mariage de Jean Laurent et Marie Louise naissent en 1754 à Laffaux Jeanne Claire Laurent, qui épousera Louis Charles Duriez, puis, en 1757, toujours à Laffaux, Pierre Charles Laurent, le grand-père de Nerval.

Louis Charles Duriez était conseiller référendaire à la Cour des comptes. C'est lui qui, en 1813, prend l'initiative de s'informer auprès du ministère de la guerre du sort d'Étienne Labrunie disparu à Wilna pendant la retraite de Russie: "Nous désirerions savoir s'il existe ou non, attendu que son épouse, ma nièce, étant décédée, il serait nécessaire d'établir et de surveiller les droits de leur enfant, qui est un beau et charmant garçon âgé de 5 ans." Louis Charles Duriez, qui demeurait rue Saint-Denis, est décédé le 22 juin 1830.

S’il faut en croire Promenades et Souvenirs, c’est à la suite d’une altercation avec son père que Pierre Charles Laurent décida de quitter son village natal et de venir s’installer près des étangs de Chaalis où vivait son parent Adrien Boucher, dont il épouse la fille Marie Marguerite Victoire le 5 novembre 1782 à Mortefontaine. Cette date, Nerval ne la connaissait avec exactitude: "Je ne sais pas au juste l'époque de leur mariage, mais comme il se maria avec l'épée, comme aussi ma mère reçut le nom de Marie-Antoinette avec celui de Laurence, il est probable qu'ils furent mariés un peu avant la Révolution" (Promenades et Souvenirs, chap. IV). Entré au service de Louis Le Peletier, alors seigneur de Mortefontaine, il est domestique dans son hôtel parisien de Roquelaure, 6 rue de Nazareth. Pendant la Révolution, il quitte le service de Louis Le Peletier et s’installe à son compte dans le quartier du Temple comme fripier, avant d’acheter le fonds de commerce de lingerie de la rue Coquillière. Marie Marguerite Victoire est décédée le 12 août 1828 ("Voici trois ans qu’est morte ma grand-mère..."). Elle est inhumée au cimetière de Montmartre puis transférée en 1836 au clos Nerval, avec sa fille Eugénie. Pierre Charles décède en 1834, laissant à Nerval un héritage dont il fera pour l’essentiel le ruineux Monde Dramatique.

Du mariage de Pierre Charles Laurent et Marie Marguerite Victoire Boucher, naissent trois enfants, Pierre Louis, né à Mortefontaine le 12 décembre 1783 qui a dû mourir en bas âge, Marie Antoinette Marguerite, et Eugénie, née à Paris.

 

Sur Marie Antoinette Marguerite Laurent, la mère de Nerval, on ne sait quasiment rien. Son acte de naissance a disparu et l'on ne dispose en guise d'état civil que d'une fiche concernant son mariage, le 2 juillet 1807 en l’église Saint-Eustache à Paris, avec Étienne Labrunie, de neuf ans son aîné. Elle est mineure, et habite chez ses parents, 23, rue Coquillière, ce qui, curieusement, est aussi l'adresse donnée par Étienne Labrunie. Ses parents sont seuls mentionnés comme témoins, avec Gérard Dublanc. Le couple s' installe 96 rue Saint-Martin, tout près de la pharmacie Dublanc qui est au 98, et à deux pas de la boutique de lingerie des Laurent rue Coquillière. C’est là que naît Gérard, le 22 mai 1808. Il est baptisé le lendemain à Saint-Merri. Il a pour parrain son grand-oncle Gérard Dublanc, et pour marraine sa grand-mère Laurent. En juin 1808, Étienne Labrunie reçoit sa nomination de médecin aux armées et se prépare à partir vers l’Allemagne. Marie Antoinette Marguerite l'a-t-elle suivi comme Nerval le rapporte, et est-elle morte fin novembre 1810 à Glogau en Silésie, de fièvres et de fatigue ? Le dossier militaire d'Étienne Labrunie est muet sur ce point, et il ne reste aujourd'hui à Glogau ravagé pendant la dernière guerre ni archives, ni cimetière.

Dans sa Généalogie, Nerval se trompe sur le nom de sa mère qu’il appelle "M.V. Laurent", qui sont les initiales du prénom de sa grand-mère, explicitée ailleurs par : "Ét. L. (Étienne Labrunie) marié – Marie Victoire Laurence fille de Pierre Laurent de Soissons et de M.Vict. Boucher d’Ermenonville". Au-dessus, Nerval s'est lui-même mentionné comme le fils unique du couple : "fils unique Gérard (nom de baptême) Labrunie (nom patronymique), né à Paris en 1808", avec ce renvoi surprenant : "nom donné par mon père Laurency, de ma mère Laurence probablement – 21 may".

Eugénie Laurent est mentionnée dans la Généalogie de Nerval sous son nom de jeune fille "Eugénie Laurent" auprès de sa soeur, désignée, on l’a vu, par "M.V. Laurent". Son acte de naissance a disparu comme ceui de sa soeur, mais son acte de décès précise qu'elle est née à Paris et qu'elle a alors 28 ans. Elle serait donc née en1798. Nerval se souvient de sa présence dans son enfance, rue Saint-Martin: "J’étais toujours entouré de jeunes filles; l’une d’elle était ma tante". La fiche d'état civil de son mariage indique qu'elle a épousé le 11 avril 1818, en l'église Saint-Eustache à Paris, Alexandre Labrunie. Né à Paris le 1er mai 1795, Alexandre Labrunie est un cousin éloigné d'Étienne Labrunie. Il est établi marchand linger au 37 de la rue Montmartre. Eugénie Laurent est décédée le 28 août 1826. Inhumée au cimetière Montmartre, elle sera transférée avec sa mère au campo santo de Nerval, près de Mortefontaine, en 1836. Un fils, Pierre Eugène Labrunie, né du mariage d'Eugénie Laurent et Alexandre Labrunie, meurt à 18 ans en 1837. Il était co-héritier avec Nerval du clos Nerval. Alexandre Labrunie s’est remarié en 1831 avec Julienne Chatelin, qui, née en 1809, a l’âge de Nerval. Le couple a un fils, Étienne Labrunie, né en 1832, et se sépare en 1838. Alexandre Labrunie meurt en 1851. À Julienne Labrunie, née Chatelin, Nerval envoie deux lettres, datées du 25 septembre 1852 et du 14 octobre 1853, concernant leurs intérêts communs sur le clos Nerval, dont elle se trouve l'héritière après la mort de son mari Alexandre Labrunie, décédé le 30 janvier 1851 à Paris.

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Mortefontaine etangs

le village et les étangs de Mortefontaine

Mortefontaine etangs

façade de l'église Saint-Eustache telle que l'a connue Nerval

Paris rue Coquilliere 2

la rue Coquillière

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