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SYLVIE LÉCUYER - GÉRARD DE

LES DUBLANC

 

Comme la famille Labrunie, la famille Dublanc est originaire d’Agen, paroisse Saint-Hilaire. Les registres d'état civil attestent leur présence depuis la fin du XVIIe siècle. Martin Dublanc, né en 1683, époux de Catherine Laville (sans doute est-ce ce nom qui a suggéré à Nerval sa parenté avec les Laville de Lacépède) est le père de trois enfants, Pierre, Marie Thérèse et Françoise. Pierre, époux de Jeanne Roques, est l'aïeul d'Étienne Labrunie. Par les mariages de Marie Thérèse et de Françoise, la famille Dublanc s'allie aux Delpech et aux Boé, comme l'indique la Généalogie dressée par Nerval en 1841. Petit schéma récapitulatif:

Née en 1748, baptisée par son oncle Raymond Dublanc, curé de Prayssas, Marie Thérèse Dublanc est la fille de Pierre Dublanc, tapissier à Agen, et de Jeanne Roques. Elle épouse en février 1776 Joseph Labrunie en l'église Saint-Hilaire d'Agen. Dans sa Généalogie, Nerval a beaucoup fantasmé autour de l'origine agenaise des Dublanc : au centre de l’arbre généalogique, les deux noms de J. Labrunie et Marie Dublanc, en traits plus appuyés, figurent au pied de l’arbre, ainsi que les mentions: "Dublanc propriétaire des Pomerettes en Agenais" et "les Dublancs de Bordeaux", et à propos des "terres et seigneurie" de Cazabone, il écrit : "héritages considérables recueillis en partie du côté des Labrunie et en partie plus grande par les Dublanc en raison de leur nombre et d’après les lois révolutionnaires".

 

Le frère de Marie Thérèse, Gérard Dublanc, de dix ans son cadet, quitte Agen pour Paris, où il est attesté depuis 1799 comme pharmacien, d’abord au n° 45 de la rue Saint-Martin, puis, à partir de 1806, au n° 98 de la même rue. Il a épousé en 1789 Augustine Eberl, née à Paris d’un père Pragois et d’une mère Viennoise. Elle lui donnera deux fils, Joseph Gérard, né en 1790, et Jean Baptiste Henri, né en 1795, qui seront tous deux pharmaciens, le second reprenant l’officine paternelle du 98 rue Saint-Martin, tandis que le premier s’installe non loin de là, 137 rue du Temple, dans une officine achetée en 1816 par son père. Gérard Dublanc était franc-maçon, dignitaire de la loge des Sept-Écossais-réunis. Il fut très présent auprès de son neveu Étienne Labrunie: témoin au mariage du jeune couple qui logeait à côté de chez lui, 96 rue Saint-Martin, il est aussi le parrain de leur enfant.

Joseph Gérard épouse en 1816 Henriette Paris de Lamaury. C'est par elle que Nerval se trouve le lointain cousin par alliance de Justine et Sophie Paris de Lamaury. Après avoir exercé rue du Temple, Joseph Gérard s’établit à Montmorency où il mourra en 1860. Jean Baptiste Henri, franc-maçon comme son père, épouse en 1818 Madeleine Vassal, la fille du docteur Pierre Gérard Vassal. Ayant pourvu et marié ses deux fils, Gérard Dublanc se retire en 1818 avec sa femme à Saint-Germain-en-Laye, où il habite 2bis rue de Mantes jusqu’à sa mort en novembre 1829.

 

La famille Dublanc renvoie donc Nerval à son enfance, rue Saint-Martin, et à l’adolescence, époque à laquelle il rend visite à Saint-Germain à son grand-oncle Dublanc et à ses cousines Justine et Sophie Paris de Lamaury. Dans un fragment non publié de Promenades et Souvenirs intitulé "Sydonie", Nerval situe là l'épisode qui deviendra le chapitre VI de Sylvie, dans lequel le narrateur et Sylvie revêtent les habits de noces de la vieille tante d'Othys. C’est cette période qui remonte à sa mémoire durant l’internement de 1853, qui lui fait écrire au docteur Blanche le 25 novembre : "Votre voix a réveillé en moi le souvenir des Dublanc, que j’ai toujours chéris, ainsi que mon oncle, leur père. Je regrette que les circonstances m’aient si longtemps séparé d’eux" et à son cousin Jean Baptiste le 27 novembre: "Les souvenirs de mon oncle et de la tante se sont ravivésdans mon coeur pendant les périodes de cette singulière maladie".

Agen
Agen12janvier1745
Agen20septembre1748
Agen21avril1758

Agen, berceau des Dublanc et des Labrunie

12 janvier 1745 - acte de mariage de Guillaume Delpech et Marie Thérèse Dublanc, avec les signatures des deux époux, celles de Dublanc père, de Dublanc frère, et de Gérard Boé. Les Delpech et les Boé entrent dans la famille Dublanc (S. Lécuyer, La Généalogie fantastique de Gérard de Nerval, Presses universitaires de Namur, 2011, Annexe 1)

20 septembre 1748 - acte de baptême de M. Thérèse Dublanc, née le 18, fille de Pierre Dublanc, bourgeois et marchand, et de demoiselle Jeanne Roques. Le parrain est Jean Roques, grand-père maternel, la marraine Marie Minhac, grand-mère maternelle. Raymond Dublanc, curé de Prayssas (orthographié Preyssas) a signé. (S. Lécuyer, op. cit.)

21 avril 1758 - acte de baptême de Gérard Dublanc, fils de Pierre Dublanc et de Jeanne Roques. Le parrain est Gérard Boé, son oncle, la marraine Françoise Roques, sa tante maternelle. C'est donc à Gérard Boé que Nerval doit son prénom, donné par son parrain Gérard Dublanc. (S. Lécuyer, op. cit.)

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